Historique

La Société d’Études Latines de Bruxelles fut fondée le 11 juillet 1936 par un groupe de professeurs et d’anciens élèves de l’Université Libre de Bruxelles. L’association, constituée entre Marc-Antoine KUGENER (Président), Léon HERRMANN (Secrétaire), Gilbert HEUTEN (Trésorier), André BOUTEMY (Secrétaire adjoint), Marcel RENARD (Trésorier adjoint), Henri JANNE et Félix PEETERS, s’était fixé pour but de « promouvoir les études latines en Belgique, en particulier dans les milieux en rapport avec l’Université Libre de Bruxelles, par tous les moyens en son pouvoir et notamment par la publication de livres et de revues ou par la participation à de semblables publications, par l’organisation de conférences et de représentations » (art. 2 des statuts).

Lors de son assemblée générale du 10 octobre 1936, la Société décidait d’organiser des représentations des « Adelphes » de Térence par la troupe du « Jeune théâtre de l’Université Libre de Bruxelles ». Les spectacles, qui se donnèrent au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles durant les premiers mois de 1937, connurent un réel succès et rapportèrent des gains qui permirent, la même année, le financement des « Études horatiennes », publiées dans les « Travaux de la Faculté de Philosophie et Lettres de l’Université de Bruxelles », et surtout, le lancement d’une Revue trimestrielle consacrée aux études latines. Le nouveau périodique, publié sous la direction de M.-A. KUGENER et de L. HERRMANN, s’appela « Latomus », en souvenir d’un ami d’Érasme, Barthélemy Latomus. Dès le premier fascicule paru en 1937, la Revue s’imposa à l’attention du monde savant par la qualité et la variété de ses articles, qui émanaient non seulement de l’école bruxelloise, mais aussi de latinistes étrangers.

La Deuxième Guerre Mondiale et l’invasion de la Belgique contraignirent la Société d’Études Latines de Bruxelles à suspendre ses activités. Apprenant qu’il ne pourrait poursuivre la publication de la Revue que s’il demandait l’autorisation de l’occupant, le comité directeur « estima qu’il n’était pas de sa dignité de solliciter quoi que ce fût de l’envahisseur et résolut d’attendre des jours meilleurs » (Latomus 4, 1940-1945, p. 3). Durant ces années sombres, la Société d’Études Latines de Bruxelles fut endeuillée par la disparition de deux de ses membres fondateurs: son trésorier, G. HEUTEN, tué face à l’ennemi le 28 mai 1940, et l’un de ses directeurs, M.-A. KUGENER, décédé en 1941.

Après la Libération, « Latomus » recommença à paraître sous l’impulsion de L. HERRMANN, A. BOUTEMY et M. RENARD. Un inlassable dévouement devait promouvoir ce dernier aux fonctions de rédacteur en chef en 1953, de directeur en 1960 (aux côtés de L. HERRMANN, qui conserva ce titre jusqu’à son décès, en 1984) et de directeur général en 1978 (fonction qu’il occupa jusqu’à son décès, en 1990). Son successeur fut Carl DEROUX, rédacteur en chef depuis 1978, puis directeur général de 1990 à 2012. Durant ces 34 ans à la tête des activités de Latomus, il a profondément marqué l’institution en augmentant considérablement le volume de la revue, en créant les « Studies in Latin Literature and History » et en oeuvrant résolument pour l’internationalisation des publications.

Parmi ceux qui dans le passé prirent une part active à l’élaboration et à la gestion de « Latomus », il convient de citer les noms de trois autres collaborateurs, hélas trop tôt disparus: Louis BAKELANTS (trésorier de 1952 à 1965), Jean PRÉAUX (secrétaire de rédaction de 1946 à 1960, rédacteur en chef à partir de 1960 et co-directeur de 1973 à 1978) et Guy CAMBIER (membre du comité directeur depuis 1962, trésorier à partir de 1965 et co-directeur de 1973 à 1981).

Il est un autre grand secteur des activités de la Société d’Études Latines de Bruxelles, de renommée internationale lui aussi, qui doit encore être évoqué. En 1939, la Société lançait la Collection « Latomus » avec l’édition par A. BOUTEMY d’une comédie latine inédite, la « Chrysis » d’Aeneas Silvius Piccolomini, le futur pape Pie II. M. RENARD devait très rapidement devenir la cheville ouvrière de cette entreprise. Il en assuma la direction jusqu’à son décès en 1990 et fut remplacé dans cette charge par Jacqueline DUMORTIER et Carl DEROUX.

Le 4 octobre 1997, la Société d’Études Latines de Bruxelles a célébré le 60e anniversaire de « Latomus » en organisant dans les locaux de l’Université Libre de Bruxelles une journée d’étude intitulée: « Rome, le latin et nous ». C. DEROUX prononça à cette occasion une allocution, dont le titre résume bien l’ambition de la Société: « Latomus: 60 ans au service des études latines, de la recherche et de la culture, en Belgique et dans le monde ». A. MARTIN annonça la réalisation de « Tables des travaux publiés dans la Collection et dans la Revue (comptes rendus exceptés), 1937-1996″ publiées dans un volume hors série de la Collection en 1999.

Depuis 2011, une initiative de modernisation informatique de la « Société d’études latines de Bruxelles » fut lancée: Latomus signa un contrat avec l’entreprise JSTOR afin d’assurer l’archivage électronique à long terme et l’accessibilité internationale durable de la revue. En février 2012, Carl DEROUX, après plus de 40 ans au service de Latomus, démissionna de sa fonction de président de la société et de directeur de la revue tout en conservant ses fonctions de co-directeur de la collection, et le conseil d’administration de la société désigna comme son successeur David ENGELS, déjà rédacteur en chef de la revue depuis peu.

Depuis lors, Latomus s’est doté d’un rigoureux système de double blind peer review pour la Revue et la Collection, a mis sur pied le présent site internet avec ses fonctions de recherche et de commande, et a établi, depuis fin 2014, une collaboration avec la maison PEETERS qui se charge désormais de la production, diffusion et publicité des publications de la Société d’Études Latines de Bruxelles. Depuis 2015, David ENGELS assume seul la direction de la Collection Latomus.